Accueil » Les lettres de Raoul Francou » ce 14 novembre 1918

ce 14 novembre 1918

Cliquez pour voir l’original de la lettre:

-37- + ce 14 novembre 1918

Ma bien chère Marie-Louise,
Plus heureux qu’hier je viens de recevoir ta bonne lettre du
11. Je comprends l’impression de tristesse dont tu n’as pu te
défendre en ce jour où cependant le cœur se
sentait délivré des pires angoisses ; je l’ai éprouvé
moi-même. Devant la splendeur de la victoire nous comprenons
mieux que jamais que c’est le sacrifice de nos morts qui nous
l’a méritée. Elle s’est justement achevée
à la fin de la neuvaine que l’Eglise consacre aux défunts.
Touchante coïncidence où nous pouvons voir encore
une preuve de la part immense que l’armée du Ciel a prise
dans les magnifiques résultats que la France entière
célèbre. Il faudra veiller à ce que ce culte
des morts de la grande guerre se maintienne : c’est une des conditions
de l’union sacrée qu’il faudra maintenir elle aussi si
nous voulons rester dignes des faveurs de la Providence.
J’ai reçu aussi aujourd’hui le nouvel Echo et pour un début
je trouve que c’est très bien. Le caractère qu’on
paraît vouloir lui donner est celui qui, à mon sens,
lui convient le mieux. Lorsqu’on pourra publier ce petit journal
tous les 15 jours il sera possible d’en faire un instrument de
formation chrétienne très utile dans nos œuvres.
Je suis heureux que l’évacuation de M. Creisson n’ait été
motivée que par une bronchite légère. Ce
n’est plus le moment de faire de longues maladies maintenant que
l’on peut enfin envisager le retour définitif « chez
soi « . Je dois pour ma part une reconnaissance infinie au
bon Dieu qui a permis que je traverse cette redoutable épreuve
sans que ma santé en soit ébranlée. Il n’y
a que le méninges qui ont un peu souffert mais ça
va déjà mieux et ce mieux s’accentuera probablement
à mesure que je renaîtrai à la vie civilisée
!
Fais-moi le plaisir de m’écrire plus longuement dès
que tu en auras le temps. En union de prières toujours
et tout à toi dans les cœurs sacrés de Jésus
et de Marie, partage avec papa et maman mes meilleurs et plus
tendres caresses.

Raoul

 Retour à la liste