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ce 25 mai 1918

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-25- + ce 25 mai 1918

Ma bien chère Marie-Louise,
Je viens de recevoir tes 2 bonnes lettres des 20 et 21 et
après avoir écrit quelques mots à la maison
pour remercier de l’envoi des cerises qui me sont parvenues en
bon état, je viens encore causer quelques instants avec
toi.
Je suis heureux d’apprendre que tu as passé de bonnes
fêtes de Pentecôte. Hélène m’avait annoncé
la surprise qu’elle se disposait à vous faire. J’espère
qu’elle aura été contente de son court séjour
à Salon. Ca l’aura heureusement distraite des soucis que
lui cause le sort de son fiancé. On peut encore croire
qu’il est réellement prisonnier ainsi qu’on le suppose
et que leur séparation finira avec la guerre. En tout cas,
nous ne cesserons pas de les recommander au bon Dieu et à
la très Sainte Vierge.
Les bonnes nouvelles que Denise t’a apporté d’Albert Baudoin
m’ont aussi réjoui. Il m’avait écrit avant son opération,
mais j’ignorais encore comment il l’avait supportée. Il
faut espérer que ce sera la dernière et que bientôt
ce brave petit pourra être définitivement rendu à
sa mère. Je l’ai invité encore à venir à
Salon lorsque j’y serai en permission et j’aime à croire
que cette fois aucun fâcheux contretemps ne l’empêchera
de venir.
Maintenant en ce qui concerne D…je m’en remets entièrement
à toi pour savoir quels sont ses sentiments et ses intentions
réelles et dissiper l’équivoque qu’ont produit dans
mon esprit les conversations d’allures si différentes qu’elle
a eu avec Mlle R. et Madame J. Ensuite je réfléchirai
et verrai devant Dieu ce que je dois faire.
Tu es bien bonne de beaucoup prier pour moi, j’ai certainement
grand besoin d’être éclairé, mais dès
que j’aurai clairement conscience de ce que Dieu attend de moi,
tu peux croire que c’est avec bonheur que je ferai sa volonté.
J’ai reçu une autre bonne lettre de ma marraine. C’est
encore une grande grâce que le bon Dieu m’a fait en m’ouvrant
le contact de cette âme d’élite. Le livre de méditations
qu’elle m’a envoyé est admirablement bien fait. Tu en jugeras
par toi-même, je le porterais lorsque j’irais en permission
et tu le liras avec autant de plaisir et de profit que moi-même.
C’est la première fois que je vois exposer avec autant
de force et de simplicité la position de l’âme chrétienne
vis à vis de Dieu, et les obligations et devoirs qui en
découlent. Chaque chose vient à son heure pour nous
convaincre de l’inanité de la vie sans Dieu et de la nécessité
de compléter notre conversion à une vie uniquement
orientée vers Dieu…
En attendant de lire ce livre tu prendras connaissance de la
lettre que je te remets sous ce pli. Je compte sur toi pour me
les conserver.
A demain encore, je l’espère, le plaisir de te lire. Toujours
tout à toi dans les cœurs de Jésus et de Marie
et en union de prières, je t’embrasse bien tendrement,
de tout mon cœur, comme je t’aime.

Raoul

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