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-16- + ce 27 octobre 1917
même temps qu’une longue lettre du brave Vincent que j’attendais
avec quelque impatience.
Oui, tu seras bien gentille de régler la facture de chez
Perrin en lui transmettant en même temps le bulletin de
commande ci-joint. C’est Mr l’Aumônier qui m’a prié
de commander un exemplaire de » La Famille Française
» pour notre bibliothèque. J’aime mieux que tu fasses
faire le mandat car je crains d’importuner un peu trop notre vaguemestre.
A mon tour je te réglerai cela lorsque j’irai en permission.
Le livre arriverai sans doute pendant mon absence mais j’avertirai
Delorme pour qu’il le reçoive.
Tu peux m’envoyer un petit horaire par retour du courrier afin
qu’il me parvienne à temps. Je demanderai ma perm pour
Lurian. Sais-tu si d’autres l’on fait.
J’en viens à la proposition que te fait M. Boutière.
Pour plusieurs raisons que je t’exposerai de vive voix bientôt,
je ne crois pas te conseiller d’accepter. Voici en attendant la
principale de ces raisons : c’est que je n’ai pas gardé
un très bon souvenir de certaines conversations que j’ai
entendues sur le compte de ce Mr. au moment où il s’est
marié. Ce peut être un brave homme mais il n’est
pas très prudent, à mon avis, de s’associer pour
une affaire commerciale avec quelqu’un en qui on ne peut avoir
une pleine confiance.
Maintenant, je te demanderai de ne pas t’en tenir à mon
avis et de prendre aussi celui de personnes de bon conseil et
au courant des affaires. Je n’ai pas besoin de mentionner celui
de papa et de maman. Ton patron, pourrait ce me semble te donner
un avis sage et mesuré. C’est une entreprise trop grosse
de conséquences pour que tu t’y engages à la légère.
Pour le moment réponds à Mr. Boutière que
tu vas réfléchir et sans lui donner motif d’espérer
annonce-lui pour dans quelques temps ta réponse définitive.
On a légèrement augmenté le pourcentage
du départ des permissionnaires : 1 de plus tous les 5 jours
! Vraisemblablement cela m’avancera tout de même de 1 jour
et sauf imprévus j’arriverai à Salon le 8 au soir
peur être seulement le 9.
Je souhaite que le beau temps te permette demain d’aller passer
une bonne journée à Lamanon. N’oublie pas de chercher
à voir Albert Boudin si tu vas à Aix pour la Toussaint
et à faire toutes mes amitiés à Maurice Imbert.
Toujours en union de prières, reçois ma chère
petite sœur et partage avec papa et maman les meilleure et
les plus tendres caresses de ton