Cliquez pour voir l’original de la lettre:
![]()
-10- + ce dimanche 22 juillet 1917
communications rétablies. J’espère ne plus tarder
beaucoup à recevoir le chapelet que j’ai oublié
et que je t’ai fait demander par Papa. Pourvu qu’il n’ait pas
oublié la commission ! Tu sais quel compagnon fidèle
est un chapelet et il m’est pénible d’en être privé.
Il est vrai que c’est moi le plus fautif. Pourquoi l’ai-je oublié
? Que veux-tu, c’est malheureux, mais je crois que je touche à
la fin de la 2ième période du gâtisme ! Gare
au 3ième stade, c’est le dernier !
La séparation est toujours pénible, pourtant je
n’ai pas eu le cafard tandis que tu me parais avoir eu quelque
peu affaire à cette vilaine bête. Rassure-toi, pour
le moment je ne suis pas à plaindre, je ne suis qu’un vulgaire
embusqué du front et si je devais terminer la guerre dans
ces conditions, je serais sûr de ne pas en rapporter une
hernie !
Aujourd’hui cependant, probablement parce que c’était
dimanche, j’ai eu du travail au bureau. Maintenant j’ai fini,
ou du moins je le crois, et je vais employer le reste de ma soirée
à écrire quelques lettres.
Ce matin, j’ai eu le bonheur d’assister à la Sainte Messe
et de communier. Cela m’a rappelé notre belle messe et
notre bonne journée de dimanche dernier et depuis je ne
cesse de penser à mes chers petits amis et leurs braves
camarades d’Istres. C’est la jeune France qui pousse et en songeant
à elle on ne peut pas désespérer de l’avenir.
Ah !, si les catholiques consentaient après la guerre à
unir fraternellement leurs efforts et à travaille résolument,
comme notre France redeviendraient vite chrétienne ! Espérons
et prions en attendant que vienne l’heure de l’action. Je crois
que pour ceux qui l’auront voulu cette longue guerre aura été
une forte préparation à l’apostolat.
As-tu vu Mlle Jaubert ou d’autres personnes susceptibles de s’abonner
à l’Ame Française. J’ai trouvé en arrivant
les derniers N° de ce journal qui est de plus en plus intéressant.
Tu ne perdra pas ton temps en travaillant un peu à sa diffusion.
C’est tout pour aujourd’hui. A demain. Continuons de toujours
beaucoup prier les uns pour les autres et partage avec papa et
maman quelques milliers de mes plus affectueuses caresses. Prenez
de préférence un chiffre total divisible par 3 pour
qu’il n’y ait pas de jaloux.